La communauté mondiale de la santé traverse une période de transformation sans précédent. La diminution de l’aide publique au développement, l’évolution des dynamiques géopolitiques, les pressions croissantes exercées sur le financement de la santé et les attentes grandissantes envers les pays afin qu’ils assurent la conduite et la pérennité de leurs réponses sanitaires contribuent collectivement à redéfinir l’architecture mondiale de la santé.
La 55e réunion du Conseil d’administration du Fonds mondial, tenue les 9 et 10 juillet 2026, s’est déroulée dans ce contexte d’évolution rapide. Tout au long des discussions, les circonscriptions d’Afrique de l’Est et australe (ESA) et d’Afrique de l’Ouest et du Centre (WCA) ont porté une vision commune : celle d’un Fonds mondial qui demeure pleinement concentré sur sa mission fondamentale de sauver des vies, tout en s’adaptant de manière proactive à un environnement opérationnel en mutation.
Représentant 46 pays d’Afrique subsaharienne, les circonscriptions ESA et WCA ont souligné que la prochaine phase du partenariat du Fonds mondial doit placer le leadership des pays, le renforcement des systèmes de santé, la durabilité et l’accès équitable au cœur des processus décisionnels. La voix et les perspectives des circonscriptions africaines doivent pleinement compter dans l’écosystème mondial de la santé. Plus des trois quarts des ressources du Fonds mondial sont investies en Afrique. En tant que Secrétariat appuyant ces deux circonscriptions, le Bureau des circonscriptions africaines (ACB) continue de faciliter un engagement politique fondé sur les données probantes, une coordination stratégique et un plaidoyer ciblé afin de garantir que les priorités africaines soient efficacement reflétées dans la gouvernance et les processus décisionnels du Fonds mondial.
Les engagements stratégiques menés en marge de la réunion du Conseil ont davantage renforcé ces orientations. Lors des échanges avec les circonscriptions non africaines, notamment les pays donateurs, les représentants de la société civile et les partenaires philanthropiques, les circonscriptions ESA et WCA ont insisté sur l’importance d’une transition vers un leadership national renforcé, un financement durable et des systèmes nationaux résilients. Un large consensus s’est dégagé sur le fait que l’appropriation nationale ne doit pas se limiter au transfert de responsabilités, mais doit être soutenue par une gouvernance efficace, une gestion rigoureuse des finances publiques, des mécanismes de redevabilité solides ainsi qu’une participation inclusive des communautés et de la société civile.
Les discussions ont également témoigné d’un intérêt croissant pour le renforcement des solutions portées par l’Afrique, notamment à travers des approches régionales dans les domaines de la fabrication de produits de santé, de la structuration des marchés, des achats et du partage des connaissances. L’importance d’une meilleure coordination entre les acteurs de la santé mondiale et les institutions régionales, notamment Africa CDC et le Bureau des circonscriptions africaines (ACB), a été soulignée afin de garantir que les partenariats soient davantage alignés sur les priorités nationales et produisent un impact accru.
Faire des choix difficiles tout en préservant l’impact
L’environnement financier actuellement contraint oblige le partenariat du Fonds mondial à faire des choix extrêmement difficiles. Les circonscriptions ESA et WCA ont reconnu la nécessité d’améliorer l’efficacité opérationnelle, de simplifier les processus et d’assurer une priorisation stratégique afin de maximiser l’impact des ressources disponibles.
Dans le même temps, les circonscriptions ont souligné que les réformes visant l’efficacité doivent rester ancrées dans la mission fondamentale du Fonds mondial et être évaluées principalement à l’aune de leurs effets sur les pays et les communautés sur le terrain. La réduction de la complexité administrative, la rationalisation des processus et l’amélioration de la coordination entre partenaires doivent, en définitive, renforcer — et non affaiblir — la capacité des pays à mettre en œuvre des programmes essentiels qui sauvent des vies.
Renforcer la gestion des risques grâce à un appui différencié
Le Secrétariat du Fonds mondial a proposé une version évoluée du Cadre d’appétence au risque. Les circonscriptions ESA et WCA ont accueilli favorablement ce nouveau cadre, considéré comme une opportunité importante pour renforcer la prise de décision stratégique dans un environnement mondial de plus en plus complexe. Elles ont soutenu une approche plus équilibrée, reconnaissant la nécessité de gérer les risques fiduciaires et programmatiques tout en favorisant l’innovation, le leadership national et l’impact.
À mesure que davantage de responsabilités sont transférées aux systèmes nationaux et aux acteurs de mise en œuvre locaux, les approches de gestion des risques doivent également évoluer. Des modèles différenciés de mise en œuvre et d’assurance sont particulièrement essentiels pour les pays confrontés à des contextes difficiles, complexes ou fragiles, où les réalités locales exigent des solutions adaptées et flexibles plutôt que des approches uniformes.
Construire un accès durable aux produits de santé
L’un des résultats majeurs de la 55e réunion du Conseil d’administration a été l’approbation du Mécanisme d’approvisionnement financé en dehors du Fonds mondial (Non-Global Fund-Financed Procurement Mechanism – NGFPM).
Fonctionnant comme un mécanisme de financement distinct et sécurisé, séparé des ressources principales des subventions du Fonds mondial, le NGFPM élargit la plateforme existante permettant aux pays d’acquérir des produits de santé de qualité garantie grâce à des ressources nationales ou à des financements de tiers. La politique permet également aux mécanismes régionaux éligibles d’achats groupés d’accéder à cette plateforme, ouvrant ainsi de nouvelles possibilités pour des approches collaboratives en matière d’approvisionnement.
Les circonscriptions ESA et WCA ont accueilli favorablement ce mécanisme comme une option supplémentaire et non comme une solution universelle applicable à tous les contextes. Elles ont insisté sur le fait que les approches d’approvisionnement doivent tenir compte des capacités et des réalités propres à chaque pays.
Alors que les pays disposant de systèmes d’achat nationaux suffisamment développés doivent conserver la flexibilité d’utiliser leurs propres mécanismes, d’autres peuvent choisir de bénéficier de la plateforme d’approvisionnement du Fonds mondial et de son dispositif de préfinancement afin de répondre aux contraintes de liquidité et de flux de trésorerie.
Cette approche volontaire et différenciée soutient une transition progressive vers une plus grande durabilité des approvisionnements tout en garantissant l’accès, l’abordabilité, la qualité et la sécurité des chaînes d’approvisionnement.
Enfin, les circonscriptions ont plaidé en faveur de mesures permettant d’accroître la participation des fabricants africains aux marchés soutenus par le Fonds mondial et ont souligné que la mise en œuvre de cette nouvelle politique doit compléter, et non affaiblir, les mécanismes régionaux émergents d’achats groupés pilotés par les institutions continentales.
Renforcer la collaboration au sein de l’écosystème mondial de la santé
Enfin, les circonscriptions ESA et WCA ont salué la poursuite et l’approfondissement de la collaboration entre le Fonds mondial et les autres partenaires mondiaux de la santé, notamment l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Gavi et la Banque mondiale.
Elles ont souligné que ces partenariats doivent générer une valeur concrète et mesurable au niveau des pays. En réduisant la fragmentation, en harmonisant les indicateurs de suivi et en alignant les calendriers de mise à disposition des financements, les partenaires peuvent considérablement alléger la charge administrative qui pèse actuellement sur les ministères nationaux de la Santé.
Un véritable partenariat doit évoluer au-delà des approches fragmentées centrées sur les maladies pour s’orienter vers des systèmes nationaux de santé solides, intégrés et durablement soutenus. Alors que les initiatives mondiales de santé continuent d’évoluer, les perspectives africaines doivent rester au centre des discussions sur la manière dont les partenaires peuvent collaborer plus efficacement afin d’atteindre des résultats sanitaires durables.
La voix de l’Afrique dans la définition de l’avenir de la santé mondiale
Les discussions de la 55e réunion du Conseil d’administration du Fonds mondial ont reflété à la fois l’ampleur des défis et les opportunités historiques auxquels la communauté mondiale de la santé est confrontée.
L’Afrique n’est pas seulement un bénéficiaire majeur des investissements du Fonds mondial ; elle est un partenaire indispensable pour définir la manière dont les priorités mondiales de santé sont établies, financées et mises en œuvre.
Grâce au leadership des circonscriptions ESA et WCA, avec le soutien du Bureau des circonscriptions africaines (ACB), les pays africains continuent de défendre un partenariat avec le Fonds mondial qui répond aux réalités nationales, renforce le leadership des pays et produit un impact durable.
Alors que le Fonds mondial prépare sa prochaine phase stratégique, le Bureau des circonscriptions africaines (ACB) reste pleinement engagé à amplifier la voix de l’Afrique et à veiller à ce que les priorités du continent demeurent au cœur du partenariat mondial.
Pour plus d’informations, veuillez contacter :
Fassika Alemayehu, Advocacy and Communication Lead
AFRICAN CONSTITUENCY BUREAU FOR THE GLOBAL FUND
A: Africa Centres for Diseases Control and Prevention Headquarters
16/17 Nefas Silk Lafto, Addis Ababa, Ethiopia
M:+251923292164
E: falemayehu@africabureau.org
W: africanconstituency.org